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REPONDRE A UN APPEL

 

REPONDRE A UN APPEL

Les jeunes ont de la peine à s’engager, dit on. Héloïse n’est pas de ce modèle. Après trois ans et demi dans l’Arche de Jean Vanier, elle prend quelques mois de réflexion pour voir ce qu’elle fera de sa vie. Rencontre à Bruxelles, quelques semaines avant son départ.

Héloïse m’invite à prendre place. Elle allume une bougie. La conversation commence. Elle aura passé trois ans et demi à l’Arche, dont un aux Pays-Bas, à Gouda. Elle a 27 ans. Après avoir étudié le droit à Louvain-la-Neuve, elle s’est engagée dans l’Arche. Dans quel sens son engagement, qu’elle veut plus radical, va-t-il maintenant évoluer ? Les deux ou trois mois de réflexion à Grandchamp (Suisse), dans une communauté religieuse protestante qui suit la règle de Taizé, l’aideront à répondre à cette question. Héloïse restera reliée à l’Arche, mais certainement plus comme responsable d’un foyer. Mêler travail et vie communautaire n’était pas toujours évident pour elle.

Un appel à aimer

Héloïse sent en elle un désir de s’engager soit avec quelqu’un, soit avec une communauté,’de mettre mes racines quelque part, de me donner tout entière pour la vie’. La foi est très importante pour elle. ‘Si je n’était pas chrétienne, j’aurais sans doute aussi envie de m’engager. Mais il est certain que ma foi, ma vie en Eglise me donnent un désir d’engagement.’ Sa foi c’est sa relation à Dieu.’ Il y a quelque chose qui nous dépasse. Oui, je crois très fort à l’Amour de Dieu.’ La foi, ajoute-t-elle, fait retentir un appel à aimer, à tisser des liens, à se donner. En famille, Héloïse Oldenhove a été élevée dans la foi chrétienne, mais en toute liberté. ‘J’ai suivi un peu plus que les autres. A l’université, en licence, c’est devenu c’est devenu d’avantage personnel.’ A la fin de ses études universitaires, elle a marché trois mois sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. ‘J’ai senti que Dieu m’habitait. J’ai perçu un appel à le suivre et la volonté d’y répondre. J’avais envie de vivre de manière chrétienne sans trop savoir encore ce que cela signifiait. C’était un peu nébuleux. J’ai creusé, participant à des groupes de prières, faisant des retraites, m’engagent dans l’Arche où j’ai rencontré des chrétiens. Aujourd’hui j’ai envie de concrétiser cela. Ce n’est plus simplement un appel spirituel, mais un appel à suivre le Christ. Pour moi, il est tout d’abord un ami. Et même plus qu’un ami car Il me connaît complètement. Son amour infini m’aide à avancer. A l’époque, j’aurais sans doute pu aller voir d’autres religions. Aujourd’hui je sais que c’est ce Dieu là. Sans doute par ce que je suis né ici, mais pour moi c’est comme cela.’ Souvent, la jeune femme cherche ses mots. Manifestement, ce n’est pas une leçon apprise par cœur.

Les communautés de l’Arche

Durant ses études, les ‘kots communautaires’ semblaient trop peu communautaires à Héloïse. Sur le chemin de Saint-Jacques, elle a ressenti le désir d’une expérience plus forte. Deux membres de sa famille ayant vécu à l’Arche l’ont aiguillée vers ces communautés où vivent ensemble personnes valides et personnes ayant un handicap. Elle a choisi les Pays-Bas pour pouvoir apprendre en même temps le néerlandais. Ne se sentant pas vraiment chez elle, à cause de la langue et de la culture, elle a voulu poursuivre cette riche expérience en Belgique. ‘Je suis très contente, ici, souligne-t-elle, je me sens chez moi. Parce que c’est à Bruxelles, sans doute, mais aussi à cause de la communauté telle qu’elle est. On ne se choisi pas. Si j’avais à croiser ces personnes dans d’autres circonstances, rien ne se serait sans doute passé. Mais grâce à la vie communautaire, on apprend à s’apprécier.’ La grande joie d’Héloïse, c’est la rencontre au quotidien avec les ‘personnes accueillies’, comme on dit à l’Arche : Josée, Bénédicte, Philippe, Sarah, Christian et Bernard.’ C’est très enrichissant, c’est ce qui nous motive. Ces personnes ont une tout autre approche de la vie que nous qui intellectualisons si facilement.’ Une rencontre a particulièrement marqué Héloïse. C’était à Gouda. Linda souffre d’un handicap très lourd et est habitée par une certaine violence. La jeune ‘assistante’ craignait que la vie avec elle soit difficile. ‘Mais c’est elle qui m’a appris le plus. Je me suis rendu compte que je pouvais être son amie. On peut communiquer autrement que par les mots. Notamment, avec elle, par le massage des pieds, qui la calmait.’ L’engagement d’Héloïse comme responsable de foyer prend donc fin. Ce sera pas évident pour elle de quitter ce petit monde. Une certaine émotion la gagne déjà. Bon vent, Héloïse !

Article publié dans le journal dimanche le 14/10/2009

 
 

 
 

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  Bijgewerkt op maandag 1 maart 2010